Sam Altman and the three ends of the world
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Sam Altman and the three ends of the world

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Sam Altman and the three ends of the world

Nathalie Perret
@n.perret_vaud
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Sam Altman, patron d'OpenAI, vient d'exposer à ses troupes trois dénouements possibles à la course à l'intelligence artificielle — gendarme mondial façon AIEA, fusion façon CERN, ou un seul laboratoire qui « fait fondre les GPU » des autres — avant d'ajouter, quelques jours plus tard, qu'on ne pourra bientôt plus se contenter de rafistoler les failles une à une. De quoi méditer, verre de chasselas à la main, sur ce que Simenon aurait fait d'un tel personnage : un homme qui dicte ses propres scénarios de fin et choisit, par commodité rhétorique, de les trouver tous un peu terribles sauf le sien. Petit dossier instruit sous-gare, entre deux rendez-vous notariés.

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1L'allocution interne à OpenAI sur les « trois fins »Devant ses équipes, Altman aurait exposé trois issues à la course à la superintelligence : un gendarme mondial façon AIEA, une fusion des grands laboratoires, ou la domination d'un seul acteur.Une plaidoirie à trois conclusions dont une seule arrange l'orateur ; en droit on appellerait cela un vice de forme.
2Le plan IAEA, option favorite de Monsieur AltmanUn organisme international inspiré de l'Agence internationale de l'énergie atomique, chargé d'auditer les laboratoires d'IA, option qu'Altman défendrait publiquement depuis 2023.L'idée d'un contrôleur extérieur plaît toujours davantage à celui qui espère écrire lui-même son cahier des charges.
3Le « plan Demis », fusion façon CERN——
4Le « plan Demis », fusion façon CERNScénario nommé d'après Demis Hassabis de DeepMind : regrouper les grands laboratoires en une seule entité façon CERN, fournissant ses modèles aux pays partenaires.Mutualiser les risques comme on mutualise une indivision successorale, avec autant de disputes en perspective.
5Le « plan Eliezer », qualifié de « terrible »Troisième scénario, nommé d'après le théoricien Eliezer Yudkowsky : un unique laboratoire prenant une avance irrattrapable grâce à l'auto-amélioration, au point de « faire fondre les GPU » des concurrents.Même son auteur le juge terrible ; il fallait au moins lui reconnaître cette lucidité de façade.
6La sortie sur les failles qu'on ne pourra plus « patcher »Lors d'une intervention à la Stanford Graduate School of Business, Altman a confié ne plus croire qu'on pourra simplement « patcher » toutes les failles de cybersécurité révélées par l'IA.Un aveu d'impuissance venant de celui qui vend le marteau ; Simenon en aurait fait un excellent mobile.
7Les bugs « hors du modèle de menace habituel »Altman évoque des bugs « au niveau matériel », selon lui hors de portée du hacker ordinaire, trouvés par les modèles d'IA eux-mêmes.Quand le chasseur de failles devient lui-même la faille, on referme le dossier avec un soupir.
8L'antitrust et la course aux introductions en bourseLes débats autour d'un ralentissement volontaire du secteur surviennent alors qu'OpenAI et Anthropic avancent vers une possible entrée en bourse, sur fond de procédures antitrust.La prudence proclamée et la hâte boursière cohabitent rarement sans grincement, comme deux clauses contradictoires d'un même contrat.